Révolution verte 2.0: il ne s’agit plus seulement d’augmenter les denrées alimentaires

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À l’occasion de la réunion marquant le 50e anniversaire du Centre international d’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), qui a été fondé par Norman Borlaug en 1966, les intervenants ont clairement fait savoir que les futurs efforts continueront d’être axés sur l’augmentation des rendements des cultures, mais incluront également tout un éventail de problèmes alimentaires rencontrés par les pays en développement. Il faut également prendre en compte des facteurs tels que « la santé des sols, la tolérance à la sécheresse, le changement climatique, la séquestration du carbone, la réduction de la pauvreté, des approches plus démocratiques de la propriété foncière et même les migrations massives et les crises des réfugiés provoquées par les conflits alimentaires ». Selon Juergen Voegele, directeur principal du pôle « Pratique mondiales sur l’agriculture » de la Banque mondiale, et président du Conseil  du Système du CGIAR qui est le principal organisme d’institutions publiques de recherche agricole, « Les 50 prochaines années vont être beaucoup, beaucoup plus compliquées ». M. Voegele a souligné qu’aujourd’hui, les gains de rendement ont ralenti. « Nous courons aussi vite que nous le pouvons, mais nous faisons toujours du surplace, en fait nous sommes à la traîne », a-t-il déclaré. De plus, avec le niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre imputées à l’agriculture, il sera impossible d’atteindre l’objectif de l’accord de Paris sur le climat, « à moins de changer notre façon de produire de la nourriture, et ce n’est tout simplement pas le cas. Nous ne sommes même pas à un tournant, nous continuons d’augmenter les émissions ». La recherche effectuée au CIMMYT et dans d’autres institutions mondiales du CGIAR, fait-il remarquer, s’élève à environ 1 milliard de dollars ; les entreprises privées et les programmes publics de recherche agricole dépensent environ 35 milliards de dollars. « Un futur système alimentaire mondial doit créer des emplois pour les jeunes chômeurs ; nous devons toucher les petits exploitants agricoles, mettre de l’argent dans leurs poches ; et nous devons contribuer à un monde plus durable et un système alimentaire mondial qui nous donne les résultats dont nous avons besoin sur les plans de la nutrition et de la santé », a conclu M. Voegele. Une autre intervenante, Mme Lindiwe Majele Sibanda, directrice générale du Food, Agriculture and Natural Resources Policy Analysis Network (FANRPAN, Réseau d’analyse des politiques agricoles et alimentaires et des ressources naturelles), a demandé aux chercheurs de placer la santé et la nutrition au centre du programme de recherche. « Nous pouvons nous vanter des rendements que nous avons obtenus, de la réduction de la pauvreté, mais le monstre dans la pièce, c’est le retard de croissance. L’Afrique est le musée du retard de croissance chez les enfants. Et l’Asie le musée de l’obésité. Aucun aliment unique ne peut fournir une alimentation saine… Nous devons passer à la nourriture des familles ».

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