Les grandes fusions agricoles auront-elles un impact sur les petits exploitants ?

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De nombreuses mégafusions d’entreprises font leur apparition dans l’industrie agrochimique, avec le potentiel de remodeler l’agriculture et la production alimentaire mondiales. Certaines estimations montrent que si elles sont toutes approuvées, environ 60 pour cent de l’approvisionnement mondial en semences commerciales et en pesticides seraient entre les mains de seulement trois entreprises. Cet article examine ce que cela pourrait signifier pour les 90 pour cent des agriculteurs mondiaux classés comme petits exploitants, qui sont répartis dans les pays en développement et qui alimentent les chaînes de valeur mondiales. De l’avis des experts, cela ne signifiera pas grand-chose – du moins dans l’immédiat et directement. « Entre la moitié et les deux tiers des petits exploitants ne seraient pas tellement affectés, puisqu’ils ne produisent pas de cultures là où l’on achète les semences », déclare Kim Elliott, chercheur principal au Center for Global Development, un groupe de réflexion basé aux États-Unis. Cependant, à long terme, ces fusions affecteront les questions relatives à l’accès aux cultures et à l’innovation agricole qui sont des éléments centraux des moyens de subsistance des petits exploitants agricoles. Les accords pourraient exposer ces agriculteurs aux chocs des prix et limiter la diversité des semences auxquelles ils peuvent accéder. « S’il y a moins d’entreprises, l’entonnoir des produits sera beaucoup plus étroit », explique Shaun Ferris, directeur de l’équipe des moyens de subsistance agricoles au Catholic Relief Services. Cependant, relève cet article, un thème transversal des stratégies qui sous-tendent ces fusions est qu’en unissant leurs forces, les entreprises peuvent renforcer leur capacité à innover, particulièrement en ce qui concerne les populations en pleine expansion des pays en développement. Ce qui pourrait signifier la mise au point de nouvelles semences génétiquement modifiées et leur déploiement sur de nouveaux marchés. Cette évolution pourrait avoir une incidence significative sur les petites exploitations, étant donné que les lignes de produits OGM qui passent par les fournisseurs locaux pourraient, à terme, avoir des répercussions au niveau des petits exploitants, et éventuellement déboucher sur d’importants changements sur les prix des semences, les techniques agricoles, les rendements des cultures et le revenu des agriculteurs. Le rythme de déploiement des OGM dans les pays en développement, soutient l’article, pourrait dépendre en grande partie de la Chine. Selon de nombreux analystes, l’entreprise publique chinoise ChemChina et sa proposition de rachat de Syngenta indiquent le changement de position du pays concernant les OGM. « La grande question à l’heure actuelle, c’est à quelle vitesse les OGM vont pénétrer les marchés des petits exploitants et les marchés émergents », déclare Ferris. Une position plus ouverte de la Chine à l’égard des OGM pourrait encourager à investir dans la technologie partout en Afrique et dans d’autres pays en développement, en particulier avec un potentiel marché d’exportation chinois d’un milliard de personnes. Ou, si la Chine se dirige plutôt vers l’Europe et ferme ses portes aux technologies des OGM, les marchés mondiaux verraient peu de raison pour l’Afrique ne serait-ce que d’explorer l’adoption des OGM. Naturellement, note cet article, toutes ces projections ont un caractère hautement spéculatif. De plus, la question de l’expansion des technologies OGM aux pays en développement est très controversée. « La fusion des capacités de R&D des entreprises ne garantit pas l’expansion dans de nouveaux marchés. Mais les stratégies d’entreprise derrière la vague de fusions du secteur suscite d’importantes considérations au sujet de l’avenir des systèmes alimentaires dans les pays en développement », conclut l’article.

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