La Chine veut des OGM, les chinois n’en veulent pas

0
4

Dans cet article d’opinion, Adam Minter, chroniqueur pour Bloomberg View, relate le dernier scandale en matière de sécurité alimentaire en Chine : un ancien doctorant d’un centre chinois d’essais d’organismes génétiquement modifiés (OGM) a fait publiquement des allégations de fraude scientifique, d’emploi de personnel non qualifié, et de refus des autorités de prendre des mesures lorsqu’il a exprimé ses préoccupations. Mercredi, le ministère de l’Agriculture chinois a suspendu les activités du centre. « Cela règlera peut-être le scandale actuel, mais l’hostilité du public chinois envers les OGM ne disparaîtra pas aussi facilement », écrit M. Minter. Alors que le gouvernement chinois a augmenté son soutien aux OGM, « Ces efforts ont galvanisé une opposition publique qui transcende les lignes de fracture politiques typiques de la Chine, et créé l’un des casse-tête les plus insolubles du gouvernement ». Dans un pays où l’on trouve 21 pour cent de la population mondiale et neuf pour cent des terres agricoles, la pression politique pour accroître les rendements des cultures est considérable. Cependant, seul le coton OGM y a été cultivé à grande échelle. L’absence d’autorisations pour d’autres cultures OGM a été imputée à des préoccupations liées à la sécurité, mais M. Minter indique que la vraie raison est que le gouvernement s’inquiète de l’opposition du public aux OGM. Il y a, dit-il, une croyance répandue selon laquelle les OGM sont un complot ourdi à l’étranger contre la santé des chinois. Toutefois, ajoute-t-il, la source d’inquiétude beaucoup plus préjudiciable concernant les OGM, c’est la conviction que le gouvernement est incapable d’assurer un approvisionnement alimentaire sûr – qu’il soit OGM ou autre. Malgré cela, le gouvernement continue d’aller de l’avant avec la commercialisation de maïs et de soja OGM cultivés localement. Mais, écrit Minter, « tant que le gouvernement chinois n’aura pas réglé le manque de confiance dans ses programmes de sécurité alimentaire… il risque de faire face à une opposition considérable et croissante à un programme d’OGM qui a peu d’adhérents en dehors des cercles de l’élite. Ce n’est pas non plus un simple problème commercial. Tout comme les problèmes notoires de pollution de l’air en Chine, la frustration générale du public pourrait se transformer en une opposition politique générale. Alors que le gouvernement chinois cherche à résoudre les problèmes de sécurité alimentaire du pays à sa façon, une telle évolution serait particulièrement déplaisante ».

lire l'article

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here